Les « drogues du sommeil », abréviation de « drogues knockout », sont des médicaments ayant un effet narcotique, mais pouvant également entraîner une perte de conscience voire la mort. Elles sont administrées à l’insu des victimes dans des boissons ou des aliments, et sont donc à peine détectables au goût ou à l’odeur. Les effets sont dévastateurs : 15 à 30 minutes après la prise, les personnes concernées ressentent généralement nausée et vertiges. Les victimes sont sans volonté et sans défense. Sous l’effet des drogues du sommeil, il arrive fréquemment qu’il y ait des viols, des agressions sexuelles et des actes de vol. À leur réveil, les victimes ont des trous de mémoire ou aucun souvenir de ce qui s’est passé. Les jeunes femmes en particulier sont souvent victimes d’agressions liées aux drogues du sommeil. Beaucoup de victimes sont incertaines de ce qu’il s’est réellement passé et hésitent à demander de l’aide.
C’est ici que s’inscrit le travail de prévention de la campagne « Tu ne me mettras pas K.O.! – Ensemble forts contre les drogues du viol! ». Elle a été développée par le Ministère du Travail, des Affaires Sociales, des Femmes et de la Santé de la Sarre ainsi que par l’Association régionale des déléguées communales aux droits des femmes en collaboration avec les centres de conseil spécialisés en cas de violence sexuelle Nele, Phönix, Frauennotruf ainsi que le Cercle Blanc. Par le biais d’une publicité visible dans toute la région sur les bus, des affiches Citylight et des actions de sensibilisation menées par des équipes mobiles présentes dans les discothèques, les clubs et les festivals urbains, le danger est mis en lumière. S’ajoutent à cela des flyers et des affiches dans les administrations et les écoles. Récemment, les déléguées communales aux droits des femmes de la ville de Homburg et du district de Saarpfalz ont présenté le marquage décoratif sur les bus des cliniques universitaires de Homburg.
« Les équipes d’action sensibilisent à un comportement attentif et préventif. Cela comprend, par exemple, de ne pas accepter de boissons ouvertes provenant d’inconnus ou de ne pas laisser les boissons sans surveillance. En même temps, elles donnent des conseils en cas de suspicion. Un bracelet test K.O. est intéressant, car il détecte en deux minutes la substance dangereuse », informe Anke Michalsky, chargée des femmes de la ville de Homburg. Il n’existe pas de statistiques spécifiques au Saarland concernant les cas de drogue du viol. Ils sont liés à des infractions sexuelles et/ou à des privations de liberté. Pour Birgit Rudolf, chargée des femmes du district de Saarpfalz, il est clair : « Tant la substance que les trous de mémoire des victimes rendent les actes difficiles à prouver et donc à poursuivre pénalement. Cela facilite la tâche des auteurs. Les conséquences pour les personnes concernées sont très lourdes et traumatisantes. C’est une pensée horrible de devenir victime d’une attaque à la drogue du viol. »
« Actuellement, il n’y a pas de scène de clubs et discothèques dans la ville principale du district. Ce sont plutôt les bistrots qui sont prisés. Cela ne signifie pas que nous devons fermer les yeux. Les jeunes fréquentent des clubs et des discothèques dans les environs, ou participent tout au long de l’année à nos fêtes de ville ainsi qu’au marché de la Saint-Nicolas et de Noël. Je remercie les déléguées communales aux droits des femmes pour cette initiative », explique le maire Michael Forster. Le préfet Dr Theophil Gallo lance un appel à demander de l’aide, mais aussi à porter plainte auprès de la police : « Il est difficile de revivre ce qui s’est passé lors de l’audition par la police et d’engager des démarches judiciaires. Mais c’est la seule façon de rendre les coupables ou les récidivistes enregistrés responsables. D’après mes entretiens et rendez-vous avec la police de la Sarre-Palatinat, je peux dire qu’il y a là des agentes et agents de police capables d’agir avec sensibilité et empathie. »
« Une grande partie des personnes victimes de boissons droguées hésitent à demander de l’aide. Un problème ici est que beaucoup ne sont pas sûrs de ce qui s’est réellement passé », a déclaré la secrétaire d’État aux femmes Bettina Altesleben. « Comme le montrent le nombre élevé de cas non signalés et la faible utilisation des aides médicales et psychosociales par les victimes, la sensibilisation du public aux thèmes des boissons droguées et des violences sexuelles est particulièrement importante. »
L'objectif de la campagne, qui est liée à la campagne régionale « La violence sexuelle laisse des traces », est de sensibiliser aux dangers liés à l'administration des soi-disant « gouttes KO ». En même temps, des stratégies sont proposées pour mieux protéger soi-même et les autres. Un vidéoclip, pouvant être partagé via différents réseaux sociaux, vise particulièrement à toucher les jeunes et à les sensibiliser à ce sujet (https://www.facebook.com/soziales.saarland/posts/5479988765438656).
« Nous voulons également encourager les victimes de violences sexuelles à demander de l’aide et à bénéficier d’une prise en charge médicale d’urgence confidentielle, que nous proposons en Sarre depuis 2014 avec la collecte confidentielle des preuves après une violence sexuelle. Pour cela, nous mettons à disposition, de manière étendue dans toute la Sarre, des offres correspondantes dans les cliniques et les cabinets spécialisés », déclare la secrétaire d’État Bettina Altesleben.
En cas de suspicion que soi-même ou une autre personne a été victime de drogues du viol, les personnes concernées doivent se faire prélever du sang et de l'urine aussi rapidement que possible à l'hôpital, avec la documentation associée. Même si quelqu'un n'a pas (encore) décidé de déposer plainte, il est important de faire conserver de manière confidentielle des prélèvements, des rapports et des photos des blessures pour une éventuelle procédure pénale.
Informations sur la collecte confidentielle de preuves après une violence sexuelle :
Pour améliorer la prise en charge médicale des victimes de violences sexuelles et leur permettre d’accéder à une collecte de preuves "indépendante de la procédure", le gouvernement régional a mis en place, en coopération avec le service d’urgence pour femmes du Sarre et d’autres partenaires, une procédure de collecte confidentielle des preuves après des violences sexuelles : les victimes concernées, qui ne sont pas en mesure de décider immédiatement de porter plainte, ont la possibilité, grâce à cette collecte confidentielle, de faire sécuriser les traces de l’agression de manière juridiquement valable, même sans dépôt de plainte auprès de la police. Elles ont ainsi accès à une offre qui leur permet de prendre une décision en toute autonomie – en faveur ou contre un dépôt de plainte (immédiat) – et leur offre le temps et l’espace nécessaires pour surmonter leur situation difficile.
L'offre est gratuite pour les personnes concernées et peut être utilisée dans la Sarre, aussi bien dans certaines cliniques que dans des cabinets médicaux privés. Sur le site www.spuren-sichern.de ainsi qu'au numéro de téléphone (0681) 844 944, les personnes concernées peuvent obtenir à tout moment des informations sur les lieux où l'aide confidentielle est disponible. Elles ont également la possibilité de se renseigner sur la procédure et les coordonnées des centres de conseil proches de leur domicile.
Offres d’aide et de conseil pour les femmes ainsi que pour les enfants et les jeunes victimes de violences domestiques et/ou sexuelles
Numéro d'urgence pour femmes Sarre Tél. (0681-36767) Mail : notrufgruppe-sb@t-online.de www.frauennotruf-saarland.de
Numéro d’aide national pour la violence contre les femmes Tél. (0800) 116016 www.hilfetelefon.de
Numéro d'urgence de la police 110
Nele - Conseil contre l'exploitation sexuelle des filles Tél. (0681) 32043 Mail : nele-sb@t-online.de www.nele-saarland.de
PHOENIX - Conseil contre l'exploitation sexuelle des garçons Tél. (0681) 7619685 Courriel : phoenix@lvsaarland.awo.org
Centre de conseil et d'intervention pour les victimes de violences domestiques Mail : interventionsstelle@skf-saarbruecken.de www.skf-saarbruecken.de Tél. (0681) 3799610
Weißer Ring LV Tél. (0681) 67319 Mail : Saarland@weisser-ring.de SOS-KINDERSCHUTZ et Conseil Sarre Tél. (0681) 9365275 Mail : kd-saarbruecken@sos-kinderdorf.de
ALDONA e.V. - Centre de conseil pour les migrantes Courriel : Aldona-ev@t-online.de www.aldona-ev.de Tél. (0681) 373631
Conseil interculturel pour femmes par des femmes Tél. (0681) 373535 ou (0681) 40 14 76 50 Mail : info@beratung-interkulturell.com, www.beratung-interkulturell.com
Téléphone de crise et conseil en cas de mariage forcé (menacé) 0 800 – 16 11 111 (gratuit) ; conseil en ligne : http://www.zwangsheirat-saarland.de/