En bavarois, on dirait « a echte Watschn ». Dans la région de la Ruhr, on dirait « plein dans le mille » – c’est ainsi qu’on peut décrire de la façon la plus imagée ce que la CCI de Sarre déclare à propos des conditions-cadres en Sarre : « La politique représente le plus grand risque ! » Il est rare que la politique fédérale et surtout la politique régionale reçoivent un si mauvais bilan.
Angelika Hießerich-Peter, la présidente du FDP de la Sarre, ne secoue pas la tête face à cette dure constatation de la Chambre de commerce et d'industrie, mais souligne : « C’est précisément contre cette strangulation non seulement ressentie, mais réelle de l’économie, des entrepreneurs individuels jusqu’aux entreprises industrielles internationales, que le FDP de la Sarre met en garde depuis des années. Une bureaucratisation excessive avec des obligations de rapports inutiles ; des lois qui ne créent pas d’emplois, mais en détruisent. Une infrastructure qui s’oriente vers des rêves idéologiques et non vers des nécessités économiques est désormais typique de la Sarre. » L’ampleur des inquiétudes dans la région a été démontrée la semaine dernière lors de la manifestation Pro-Acier à Völklingen, où 12 000 personnes de tous horizons ont publiquement exprimé leurs préoccupations – dans ce cas envers le gouvernement fédéral.
Le fait que maintenant aussi la classe moyenne commence à baisser les bras est un signal d'alarme majeur pour le FDP Sarre. L'entreprise artisanale ne peut pas déplacer sa « boutique » dans un pays avec moins de bureaucratie, elle ferme tout simplement. Il est révélateur que ce ne sont pas les coûts salariaux, qui reviennent aux employés, qui préoccupent l'économie, mais la bureaucratie pour la bureaucratie.
Hießerich-Peter pose pour le FDP Sarre la question décisive : « Quand la politique sarroise apprendra-t-elle que chaque nouvel emploi dans la fonction publique ne crée absolument aucune valeur ajoutée ? En tant que FDP, nous misons sur une réduction radicale de la bureaucratie, c’est la seule chance pour la Sarre. Un taux de secteur public de 51 % n’est pas un argument en faveur de l’innovation et de l’engagement. Otto Graf Lambsdorff l’aurait appelé socialisme ! »