La ministre de la Culture Christine Streichert-Clivot : « Pour la septième fois déjà, l'appel à candidatures pour notre bourse débute, conçue comme un hommage particulier à l'héritage vivant de Ludwig Harig. Inspirés par son insatiable envie de voyager et son art passionné de traduire ses expériences en mots, nous nous engageons, grâce à cette bourse, à soutenir spécifiquement de jeunes auteurs et autrices prometteurs qui sont encore au début de leur parcours créatif. »
La bourse est dotée de 10 000,00 euros et est limitée à deux ans. Une part de 3 000 euros est considérée comme une subvention de publication, destinée à permettre aux auteurs de publier les résultats de leur travail. À l'expiration de la bourse, une preuve des résultats obtenus doit être présentée. Ceux-ci doivent être présentés au public dans le cadre de la prochaine attribution de la bourse.
Peuvent postuler à la bourse des auteurs émergents de la Grande Région Saar-Lor-Lux-Alsace-Wallonie-Rhin-Palatinat ou des auteurs qui traitent thématiquement de la Sarre ou de la Grande Région. Les œuvres de littérature pour enfants et jeunes sont exclues. L'attribution est décidée par un jury nommé par le MBK.
Les candidatures comprenant une courte biographie et une description appropriée du projet littéraire, accompagnées d’un extrait de travail d’une longueur comprise entre 18 000 et 25 000 caractères (espaces inclus) en langue allemande doivent être adressées avant le 31 mars 2025 au Ministère de l’Éducation et de la Culture, Service F2, référence « Ludwig-Harig-Stipendium », Trierer Str. 33, 66111 Saarbrücken ou par voie électronique par e-mail à Harig-Stipendium@kultur.saarland.de !
Bénéficiaires de bourses précédents :
Verena Boos (Rottweil, bourse Ludwig-Harig 2019)
Son projet de roman « Nonette (titre provisoire) » retrace une épopée familiale germano-allemande qui s'étend de l'Espagne jusqu'en Silésie et couvre un siècle et demi. Basé sur l'histoire réelle d'une famille alsacienne, le récit s'étend sur la grande région Sarre-Lor-Lux-Alsace-Rhénanie-Palatinat. À l'image de la poétique de la mémoire de Harig, il ne présente pas seulement une histoire familiale dans le contexte tumultueux de la guerre et de la persécution dans la première moitié du XXe siècle, mais aborde également des thèmes actuels tels que le conflit Est-Ouest ou la migration de travail dans la deuxième moitié du XXe siècle.
Dominik Bollow (Berlin, bourse Ludwig-Harig 2020)
L’auteur développe dans son projet de roman « Les caprices de la chèvre (titre provisoire) » une histoire qui raconte le destin d’une famille sarroise. Celle-ci quitte sa terre natale familière après le référendum sur la Sarre en 1955 et le rattachement de la Sarre à la République fédérale, et commence une nouvelle vie en Algérie et au Maroc – comme beaucoup de Sarrois dans les années 1950, qui cherchaient un nouveau chez-soi bien au-delà des frontières de leur ancienne patrie. Bollow esquisse ainsi un récit dont la question centrale – comment changent les personnes qui dépassent les frontières jusqu’alors connues et souhaitent recommencer dans un milieu totalement étranger – conserve une actualité intacte au XXIe siècle.
Martina Kieninger (Montevideo/Stuttgart, bourse Ludwig-Harig 2021)
Avec la bourse Ludwig Harig, le travail du projet « La jambe de bois de Rimbaud ou La grande bataille de Sarrebruck » est actuellement soutenu. Kieninger s'attache de manière ludique et inventive au langage à une expérience littéraire impressionnante et se tourne ainsi fortement vers la poétique de Harig. Ce qui est passionnant et constitue une particularité de Kieninger est la connexion étroite entre les questions des sciences naturelles et techniques - chimie et informatique - et celles de l'esthétique, plus précisément de la poétique. Dans son projet soutenu, elle combine de manière raffinée les méthodes de la poésie concrète et de l'école de Stuttgart avec la narrativité et fait également, de manière implicite, référence au développement de la poétique harigienne (du jeu de langage au récit autobiographique).
Gisela Hinsberger et Bernd Nixdorf (Aix-la-Chapelle/Saarbrücken, Bourse Ludwig-Harig 2022)
« Gisela Hinsberger poursuit avec son projet littéraire „Montblanc“ un roman situé dans le champ de tension entre les structures de la société du pouvoir et la liberté individuelle ainsi que la réalisation de soi. L'ascension difficile du protagoniste, issu de l’étroitesse d’un village sarrois vers le milieu universitaire, est au centre de l’histoire. Malgré son succès universitaire, Martin ne peut se débarrasser des coquilles d'œufs de ses origines. Se déroulant sur plusieurs plans temporels, le roman raconte l'histoire de manière crédible, stylistiquement convaincante et compréhensible ; cela vaut aussi pour le personnage principal. La localisation régionale dans la région de St. Wendel est habilement présentée, de même que l'atmosphère d’une société villageoise sarroise ainsi que le milieu académique-intellectuel d’un institut universitaire. »
« Bernd Nixdorf annonce, avec une approche associative réussie, un projet fort sur un faussaire d’art – „Le dernier idylle de Hopper“. À différents endroits et à différentes époques, son concept littéraire joue avec divers couples issus de l’histoire et de la littérature. Dans la tension thématique entre la réalité et la perception réelle personnelle, l’auteur développe un récit entièrement personnel, ses notes depuis et sur un établissement psychiatrique sont aussi passionnantes que variées en style et en approche. Nixdorf élabore avec „Le dernier idylle de Hopper“ un concept prometteur également pour le discours social sur le sens individuel de la vie. »
Natalie Buchholz (Schiltigheim, bourse Ludwig-Harig 2023)
« Natalie Buchholz se lance avec son projet de roman germano-français intitulé provisoirement « Le chameau » dans une quête à la recherche des traces de l’histoire d’une famille bourgeoise, voire très aisée, apparemment intacte en surface, mais en réalité profondément ébranlée dans ses fondations. Cette famille cultive et répand une belle apparence sur son existence réelle, souvent assez trouble. Buchholz trouve un langage qui oscille entre une laconique réalisme, des nuances ironiques et parfois des digressions humoristiques, pour renouer ainsi – à plusieurs égards – avec la poétique de Harig. Le nouveau projet creuse encore plus profondément une histoire familiale qui promet de relier l’histoire privée à la grande Histoire, et reprend et poursuit à nouveau le projet narratif de Harig (notamment dans « L’ordre c’est toute la vie »). »
Esther Vorwerk (Berlin/Berne, Bourse Ludwig-Harig 2024)
« Le manuscrit d'Esther Vorwerk intitulé provisoirement "Je ne veux pas être coupable" promet d'être un roman passionnant et important. Sur le plan contenu, le texte traite d'une histoire familiale transgénérationnelle marquée et chargée par de multiples traumatismes (violence dans le mariage, viol, meurtre d'un enfant). Il aborde la période du national-socialisme, les questions de culpabilité et de responsabilité. Et le silence qui l'entoure, y compris au sein de sa propre famille. L'auteure examine les intrications de la violence et de la souffrance et propose des réflexions sur le langage approprié à ce sujet aujourd'hui. Il est particulièrement impressionnant de voir comment l'auteure relie le déroulement du roman, d'une part, au mythologème de Penthesilea et, d'autre part, au drame "Penthesilea" de Kleist. »